upFrançoise le 06 septembre 2004 (Douarnenez)


la lecture de francoise

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Préparation

§0
-accueillir quelqu'un: souhaiter la bienvenue à quelqu'un

§1
-arriver à bon port: c'est une _expression très usuelle qui signifie 'arriver à la bonne destination'. Ici en plus c'est dans un vrai port.
-accueillir quelqu'un à bras ouverts: l'image est significative, cela signifie 'de bon coeur, sincèrement'.
-jouer un spectacle à guichets fermés: quand on a vendu toutes les places parce que c'est un spectacle qui a du succès.
Ces trois expressions sont très très usuelles.
-un rameur / une rameuse : quelqu'un qui rame, qui fait avancer le bateau avec une rame, pas un moteur, pas une voile.
-une quimpéroise: une femme de la ville de Quimper en Bretagne.

§2
-atteindre: toucher
-quelque part : dans un endroit (somewhere). L'opposé est 'nulle part' (nowhere)
-tenir à quelque chose: être très attaché(e) à...
-les siens: les gens qu'elle aime, les gens de sa famille, ses amis.
-à l'huile de coude: image très populaire, très usuelle: la force, le travail manuel ('ici à la rame', à la force des bras. (le coude c'est l'articulation du bras et de l'avant-bras)
-un ponton: un point d'attache pour un bateau dans un port.
-à deux pas de...: tout près de...
-se faire un sang d'encre: être très inquiet.
-docile: qui obéit
-penn sardin: c'est du breton, la langue régionale de la Bretagne.
-un douaneniste: un habitant de Douanenez (une ville de Bretagne)
-être baba: c'est très populaire et usuel, c'est être très impressionné, ébahi
-glisser: ici 'faire une réflexion, un commentaire'
-avoir un pète au casque: c'est très familier pour 'être fou'
-avoir une tête musclée: être très intelligent (c'est très familier et amusant)

§3
-la voici, la voilà: une façon usuelle et populaire de parler, d'annoncer quelqu'un avec excitation.
-un port d'attache: un endroit où l'on revient toujours.
-une gâterie: quelque chose de très bon
-lyophilisé: desséché pour la conservation
-la Pointe de la Jument: c'est en Bretagne sur la côte.
-Connétable: c'est une des meilleures marque de conserves de poisson en Bretagne.
-moussant: qui mousse, comme un bain de luxe

§4
-se peser: mesurer son poids
-elle est bien coiffée: ses cheveux sont bien mis
-faire des mèches: des cheveux de différentes couleurs, c'est très à la mode et l'eau salée, le soleil et le vent ont fait ça naturellement.
-ultime: dernier / dernière
-le râble: les muscles du dos pour un animal. Ici c'est 'un effort musculaire du dos, pour ramer.
-saugrenu: bizarre
-vos gens: vos amis, vos parents, ici.
-à coup de pelles: c'est l'image d'une rame, une pelle. Daboville est aussi un rameur sportif.
-bichonner: réparer amoureusement, très gentiment
-une fête maison: préparer par les gens de la ville
-déboussolé: qui est perdu, comme quand on perd la boussole on perd le sens de l'orientation.

§5
-crépiter: faire des bruits de craquements, comme le feu.
-fuser: partir très vite
-se serrer: se rapprocher
-ça me va: ça me convient

§6
-quand même: malgré tout (even though)
-une donzelle: très familier (et usuel) pour 'une fille'

§7
-noir de monde: plein de monde
-claudiquer: boîter, marcher mal parce qu'on a mal aux jambes
-Les Jeux: les Jeux Olympiques.
 

§0
Douarnenez accueille Anne Quéméré, sa dame de nage.

§1
A bon port, -arriver à bon port: c'est une expression très usuelle qui signifie 'arriver à la bonne destination'. Ici en plus c'est ndans un vrai port. à bras ouverts et à guichets fermés. Hier, à 14 h 36, Anne Quéméré est arrivée à Douarnenez. La rameuse quimpéroise de 37 ans a ainsi achevé sa traversée de l'Atlantique d'est en ouest. 5 052 km, 87 jours, 12 heures et 15 minutes. Pourquoi ? « Pour rien », dit-elle.

§2
Lundi, elle a atteint son horizon, quelque part devant La Rochelle, dans le prolongement de la ligne Cap Lizard-Ouessant. Première rameuse à traverser l'Atlantique d'est en ouest, elle a triomphé en solitaire mais tenait à son tour d'honneur, au bout de la Bretagne, parmi les siens. Elle voulait passer à l'huile de coude devant l'île Tristan et toucher terre sur un ponton de Tréboul, à deux pas de l'usine de sardines qui lui a payé son bateau. Anne Quéméré est une fille qui fait ce qu'elle dit. Ronan, son papa qui s'est fait un sang d'encre, confirme : « Elle n'a jamais été vraiment docile mais toujours adorable. » Sur le quai, un penn sardin (Douarneniste), baba et ému, glisse : « Pour faire ça, il faut un pète au casque et une tête musclée. »

§3
La voici, la voilà, la rameuse des lointains. Elle a dormi à bord du voilier qui la remorquait jusqu'à son port d'attache attachant. Elle s'est offert quelques gâteries pour oublier les horreurs lyophilisées qui accompagnaient son ordinaire, du Cape Cod à la pointe de la Jument : « Des biscuits Java, un filet de thon Connétable, du chocolat, un bain moussant à la noix de coco. Et encore du chocolat. »

§4
Elle s'est pesée aussi. L'Atlantique lui a mangé 14 kg. Elle est bien coiffée : « Oui, l'Océan m'a fait des mèches. » Hier matin, elle s'est assise dans sa galère pour un ultime coup de râble : « Un banc de dauphins était autour du bateau. J'étais bien, soulagée. Une fraction de seconde, vous vous demandez s'il faut vraiment arriver, une idée saugrenue de faire demi-tour vous passe par la tête. Et puis il y a la civilisation qui vous attend, vos gens qui ont eu peur. » C'est quoi la civilisation ? « Ma fille Elyna, mes parents, les enfants de l'école Saint-Jean, les ouvrières de la conserverie. » Gérard d'Abboville, un civilisé, grand initiateur des odyssées à coups de pelle, lui a envoyé un mot : « Bienvenue chez les vivants. » Et Douarnenez lui a bichonné une petite fête maison avec choristes a capella saluant la dame qui s'extrait des eaux de son courage. Elle voit du monde, reconnaît des têtes, a du mal à mettre un pied devant l'autre, reconnaît se sentir « un peu déboussolée ».

§5
Les flashes crépitent, les micros se tendent, les questions fusent, la foule se serre. Est-ce un grand jour ? « Assez joli, oui. Il va compter triple. J'ai eu des journées comme ça et beaucoup de chance. L'Océan m'a laissée passer. En juillet, il m'a fait reculer. Les ouragans Alex et Charly ont roulé mon bateau comme un tonneau. Vous savez ce que j'ai appris, assise sur l'eau ? J'ai appris que nous ne sommes rien. Être rien, ça me va. »

§6
Mais elle a battu un record féminin sur l'Atlantique Nord quand même, la donzelle... « C'est quoi le temps ? J'ai ramé 87 jours mais j'en ai rêvé 4 ans. » A quoi ça sert ? « A rien. On ne part pas pour servir à quelque chose mais pour se faire rêver soi-même. Plus quelques autres. J'aime bien ne pas être utile. »

§7
Et elle traverse ce quai noir de monde : « J'aime bien aussi être attendue. » Au bras de son père, radieuse comme une mariée, elle claudique, boîte aussi vite qu'elle peut. Elle avance pieds nus sur la terre ferme. N'a pas vu les Jeux. Tient une forme olympique. Regarde le ciel se peindre en bleu : « Cet été, je n'ai pas eu beaucoup de soleil. Je suis comme vous. » On l'embrasse énormément. Elle se marre : « C'est drôlement bien les gens. » Recommenceras-tu, Anne Quéméré ? « Chut. Mon papa et ma pauvre mère écoutent. »
 


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Updated 6 September 04.

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Dernière mise à jour le 6 septembre 2004