upFrançoise - le 07 octobre 2004 (Turcs)


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Ayse et Nazou, Européennes depuis toujours.  La première enseigne le turc, la seconde est traductrice.  Les deux femmes, mariées à des Français, se sont retrouvées pour le déjeuner, près du lycée rennais[1] de Bréquigny.  « Les discussions sur l'adhésion de la Turquie à l'Europe ? Normal : la démocratie s'exprime. »

Ayse et son amie Nazou démontent
[2] les « faux débats » autour de leur pays natal.  Géographiquement éloigné de l'Europe ? « Il faut réviser son histoire-géo !  Et Chypre, plus à l'Est et déjà dans l'Union ? »  La Turquie est « un pont » dont il faut à leur sens[3] « profiter ».

Sa religion effraie ?  « Il vaut mieux prendre la Turquie à majorité musulmane avec vous, comme une force, que l'écarter.  Du reste, la laïcité y est très ancrée[4]. »  De l'AKP, parti au pouvoir, qui se réclame d'un Islam modéré, Nazou dit qu'elle s'est défiée ([5]) au début.  Mais elle fait confiance « au bon sens » des Turcs, « qui ont voté pour lui par ras-le-bol [6] des gouvernements précédents ».  De fait, elle se réjouit [7] d'avoir vu ce bon sens manifester sa vitalité contre le récent projet de pénalisation de l'adultère.  Les droits des femmes ?  Réponse mutine[8]: « Les Turques ont obtenu celui de voter avant les Françaises, non ? »  Le voile ?  Nazou souligne la diversité vestimentaire de la rue. Y compris[9] en campagne.  « Français et Allemands ont une image faussée de la Turquie, basée sur celle des communautés en exil.  Qui choisissent le repli[10] en réaction contre le rejet. »  Elle insiste sur sa « modernité ».  Derrière la crainte d'une « 'sur-représentation' de la Turquie au Parlement européen, liée à son peuplement », Ayse note[11] tristement un « soupçon de racisme ».  Mais elle croit l'adhésion possible, comme Naz, pourtant si critique envers " l'Europe des patrons »Culturellement parlant, on ne peut qu'enrichir l'Europe, conclut Ayse.

Trois responsables au Centre culturel turc.  Changement de décor.  Le Centre culturel des travailleurs turcs, au sud de la ville.  Sous les drapeaux turcs et français :  Metin Sahin, Muhlis Cevik et Alim Aydin, président, vice-président et secrétaire général de l'Association des travailleurs turcs de Rennes.  Le premier est interprète au tribunal, le second commerçant, le troisième surveillant de travaux.  L'Europe, ils l'attendent avec un mélange d'impatience... et d'amertume
[12]« La Turquie est le seul pays qui passe ainsi en jugement.  La Pologne, la Roumanie, la Bulgarie, ne sont pas économiquement plus avancées.  On ne comprend pas pourquoi la France est si réticente à notre entrée dans l'Union.  Combien de fois devra-t-on encore baisser la tête ? »


[1] de la ville de Rennes, en Bretagne

[2] mettent en évidence pour récuser

[3] à leur avis

[4] enracinée, solide

[5] elle n'avait pas confiance

[6] lassitude, refus

[7] elle est contente

[8] ironique

[9] et aussi

[10] la séparation

[11] remarque

[12] désillusion


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Updated 11 October 04.

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Dernière mise à jour le 11 octobre 2004.