upM Guetta - le 11 octobre 2004 (Article)


 

Bien sûr que l'élection de George Bush et surtout le 11 septembre ont radicalement changé l’Amérique.  La liste de ces changements est longue. Avant les élections, la dernière élection présidentielle et le 11 septembre, le budget américain n’était pas en déficit.  Aujourd’hui, l’Amérique est repartie dans des déficits budgétaires absolument gigantesques ce qui pèse naturellement à la fois sur l’économie américaine et l’économie du monde.  Cette conséquence-là n’est pas négligeable.

Deuxièmement, du temps de Bill Clinton, et avant, du temps de George Bush père, les relations entre les Etats-Unis et leurs alliés européens connaissaient naturellement des problèmes comme dans toute alliance, mais il n’y avait pas cette tension entre plusieurs et non des moindres des gouvernements européens et les Etats-Unis et surtout cette rupture radicale que montrent tous les sondages entre l’opinion européenne et les Etats-Unis de George Bush. 

Cette deuxième conséquence a des implications gigantesques sur l’équilibre international dont on ne voit encore que le début des conséquences.  Et puis surtout, et puis surtout, George Bush a inventé ce qu'il appelle une nouvelle politique de sécurité.  C'est-à-dire, cette idée que les Etats-Unis doivent se lancer, (si nécessité il y a, bien sûr) dans des guerres préventives y compris sans l'aval de l’ONU voire contre l’ONU.  C’est un troisième changement qui est absolument radical et qui est porteur d'une grande question et en vérité de grands dangers.  Alors maintenant est-ce que ces changements sont durables?  Ecoutez, un déficit budgétaire on revient dessus, des tensions entre alliés, on revient dessus, une stratégie on revient dessus.  Mais au-delà de cela, il y a une évolution historique qu'on ne peut pas négliger. 

Depuis la fin de la guerre froide, on voit bien que les intérêts économiques, politiques de l’Europe et des Etats-Unis ne sont plus forcément les mêmes et qu'en vérité ils divergent de plus en plus, pour au moins deux raisons, c’est que l’Amérique économiquement parlant, est tentée par la conquête de nouveaux marchés, et ces nouveaux marchés ils ne sont pas en Europe.  Ils sont en Asie et principalement en Chine, et la deuxième raison, c’est que dans les plus grandes difficultés, les plus grands questionnements, mais enfin malgré tout, l’Union européenne, l’unité Européenne s’affirme et que virtuellement l’Union européenne et les Etats-Unis sont les deux grands rivaux des puissances égales du monde développé.  

Est-ce que l'on revient là-dessus?  Alors, ça c’est beaucoup plus difficile parce que ça ce sont deux réalités qui ne tiennent pas à des hommes, à tel ou tel président.  Alors on canalise cela ou on ne le canalise pas.  Et c'est là qu'est la très grande différence. 

Qu’est ce qui se passerait si John Kerry était élu, succédait à George Bush?  Bien, d’abord je vous dirais que, paradoxalement, je pourrais presque dire que il ne faut pas souhaiter à John Kerry d'être élu.  Parce que s'il l'était, ce qui n'est pas le plus probable aujourd’hui, il hériterait d'une situation tellement désastreuse que même s’il était superman il aurait un mal considérable à la gérer.  Et puis deuxième remarque, si John Kerry est élu, les Européens, et tout particulièrement l’Allemagne et la France vont se trouver dans une situation très embarrassante.  Parce que John Kerry, avec des manières extrêmement policées, son naturel, sa culture, va se tourner vers Europe en disant : 'Écoutez, je sais très bien que nous, les Américains, avons fait une gigantesque erreur avec cette guerre en Irak mais aujourd’hui nous sommes, que vous le vouliez ou non, dans le même bateau, et il va falloir que vous nous aidiez à nous sortir de là.  Et là l’Europe va être -serait, si John Kerry était élu, très très embarrassée. 

 

 


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Updated 15 October 04.

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Dernière mise à jour le 15 octobre 2004.