upFrançoise - 15 février 2007 (Berlioz)


la lecture de francoise

BERLIOZ, Hector 1803 - 1869

Biographie

La Côte-Saint-André, 11 décembre 1803 / Paris, 8 mars 1869.

Il reçoit de son père, médecin cultivé, sa première éducation musicale, apprenant à jouer de la flûte et de la guitare, et découvre avec émerveillement Virgile, qu’il admirera toute sa vie. Bachelier en 1821, il part pour Paris faire ses études de médecine, selon le voeu* paternel. Mais la musique le détourne très vite des amphithéâtres de la Faculté et, enthousiasmé par Gluck et par Weber, il décide de devenir compositeur. Il écrit et fait exécuter à ses frais, en 1825, une Messe solennelle, mais le succès fait long feu** (cette messe, que Berlioz disait avoir détruite, a été retrouvée en 1992). Éliminé au concours de Rome en 1826, ses parents s’opposent à sa vocation, mais devant sa détermination, son père finit par céder. Berlioz entre alors au Conservatoire, où il suit l’enseignement de Lesueur et de Reicha. En 1827, une tournée d’artistes anglais lui fait découvrir Shakespeare ; dans la troupe, joue une actrice irlandaise, Harriett Smithson, dont Berlioz devient aussitôt amoureux fou. L’année suivante, se présentant pour la troisième fois, il obtient le second prix du Concours de Rome avec Herminie, et compose les Huit scènes de Faust, ébauche de la future Damnation. Recalé*** à nouveau au concours, où les audaces de sa Cléopâtre effraient**** le jury, il obtient enfin le Grand Prix en 1830, à sa cinquième tentative, avec Sardanapale. Surtout, la même année, il fait jouer la Symphonie fantastique. Cette bombe le propulse au premier rang du monde musical.

*le voeu: le souhait, le désir
**faire long feu: mettre du temps
***refusé
****effrayer, faire peur à

Après un séjour décevant à la Villa Médicis, Berlioz rentre à Paris en 1832 ; l’exécution de la Symphonie et de son pendant*, Lélio, composé à Rome, est l’occasion pour lui de retrouver Harriett Smithson. Sa passion pour elle ne s’est pas éteinte. Il l’épouse en octobre 1833. Mais ce ne sera pas un mariage heureux. En 1834 est créé Harold en Italie, commandé par Paganini. Pour subvenir à ses besoins, Berlioz devient critique musical au Journal des débats en 1835. Il le restera près de trente ans. Si le Requiem, commande officielle de 1837, est bien accueilli, il n’en est pas de même de son opéra Benvenuto Cellini, qui échoue complètement. Cependant, grâce à Paganini encore, Berlioz peut composer Roméo et Juliette, qui déchaîne à sa création l’enthousiasme de Wagner. En 1841, en partie pour fuir son ménage, devenu insupportable, Berlioz, accompagné de sa maîtresse Marie Recio, entreprend une tournée de concerts à l’étranger. Ce sera le début d’une série triomphale (Belgique et Allemagne, 1842-1843, Prague et Budapest, 1846, Russie, 1847...). L’Europe fête Berlioz tandis que Paris le méprise ou l’ignore. L’échec de la Damnation de Faust le blessera ainsi d’autant plus profondément qu’il estimait l’oeuvre une de ses meilleures, et à juste titre. Cependant, la reconnaissance officielle ne lui manque pas : bibliothécaire au Conservatoire, il est élu à l’Institut en 1856. Et Paris applaudit, en 1854, L’Enfance du Christ, en 1855, le Te Deum. Mais il ne peut réussir à faire jouer les Troyens, son « opus magnum », qu’en 1863, dans une version d’ailleurs mutilée, et la première de l’opéra-comique Béatrice et Bénédict eut lieu en 1863 à Baden-Baden. Les dernières années de la vie de Berlioz furent difficiles. Après la mort d’Harriett en 1854, il avait épousé Marie Recio, mais celle-ci mourut à son tour en 1862. Trois ans plus tard, son fils Louis mourait de la fièvre jaune à La Havane. Malade, amer, le musicien s’éteignit à 65 ans, après un voyage triomphal dans cette Russie musicale qui l’avait si bien compris.

*la suite

Berlioz est une des grandes figures de la musique romantique européenne. Ses sources littéraires (Goethe, Shakespeare, Virgile) lui ont donné le sens de l’universel. Passionné lucide, il est le contraire d’un improvisateur. Il s’attache à rendre avec évidence et clarté sa vision, rejetant les schémas traditionnels au bénéfice d’une approche poétique qui cerne l’action dramatique. Tout est drame chez Berlioz, et tous les moyens sont subordonnés à l’expression. Remarquable mélodiste, il est aussi un coloriste exceptionnel, et le premier orchestrateur moderne. On n’oubliera pas enfin qu’il fut un remarquable écrivain et un critique musical de premier ordre : ses passionnants Mémoires et ses livres sur la musique en témoignent.

A la Côte-Saint-André (qui n'est pas très loin de chez toi) il y a un festival Berlioz chaque été, mais le programme de 2007 n'a pas l'air d'être diffusé pour l'instant.

 


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Updated February 21, 2007

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Dernière mise à jour le 21 février 2007