upFrançoise - 19 avril 2007 (Attali)


la lecture de francoise


Ce fut, à tout prendre[1], une belle campagne ! Mais au moment de voter, ce n’est plus sur les programmes qu’il faut se déterminer, mais sur les candidats : chaque électeur doit décider quel bulletin mettre dans l’urne ; et dans les derniers jours, s’il est logique, l’électeur fera les trois constatations suivantes :

  1. Seuls trois candidats sur les douze peuvent être élus : François Bayrou, Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy. Ce sont les seuls « présidentiables ».
  2. Aucun de ces trois présidentiables n’est assuré de figurer au second tour ; et un non présidentiable, Jean Marie Le Pen, peut même, lui-aussi, figurer au second tour.
  3. Chacun doit voter au premier tour en tenant compte de ce qu’il souhaite être le résultat du second.

Il en découlera une division des électeurs en trois catégories :

  1. Celui qui considère comme essentiel de faire élire un des trois présidentiables doit voter pour celui-ci dès le première tour, pour ne pas prendre le risque de le voir éliminé par les deux autres.
  2. Celui pour qui la première priorité est d’éviter qu’un des trois présidentiables soit élu doit voter dès le premier tour pour celui des deux autres présidentiables qui lui semble le mieux capable de battre celui qu’il ne veut voir en aucune circonstance s’installer à l’Elysée.
  3. Seul l’électeur pour qui l’élection de l’un quelconque des trois présidentiables n’est pas une catastrophe peut se permettre de voter au premier tour pour un des neufs candidats qui n’a aucune chance d’être élu. Il envoie ainsi au futur président, quel qu’il soit, un signal sur la couleur politique réelle du pays, mais il ne pourra pas se plaindre si le présidentiable qui aurait eu ses faveurs n’est même pas au second tour.

Si les électeurs se comportaient aussi logiquement, le résultat de l’élection serait déjà connu : un quart des électeurs semble considérer que le plus important pour eux n’est pas le résultat final mais l’expression de leur préférence au premier tour. Moins d’un quart des Français souhaite vraiment l’élection de chacun des trois présidentiables. Deux moitiés de Français souhaitent chacune la défaite d’un parmi deux des présidentiables, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Enfin, ces deux moitiés pensent que le troisième présidentiable, François Bayrou, est le mieux à même de battre celui des deux autres qu’ils veulent voir éliminer.

En conséquence, logiquement, ce troisième présidentiable devrait être élu. Mais comme le pays de Descartes est aussi celui de Pascal, je ne me risquerai pas à un pari…

{1} globalement


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Updated April 21, 2007

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Dernière mise à jour le 21 avril 2007