upFrancoise - le 26 octobre 2006 (lettre)


la lecture de francoise

Cher Alistair,
On commence à trouver le beau temps suspect. Normalement à la Toussaint il pleut, il fait froid, il y a du vent dans les cimetières pour "décoiffer" (entre guillemets...) les chrysanthèmes. Et donc, on se plaît à dire: "Ah! Ah! Un vrai temps de Toussaint!'. Mais apparemment ce ne sera pas le cas cette année.

Je suis très contente que tu sois d'accord pour examiner le texte du Petit Prince avec minutie (minutieusement, très attentivement).

- Avec qui, à qui, pour qui, sur qui, etc. désigne obligatoirement une personne.
La personne avec qui (avec laquelle) je suis en contact pour établir ce dossier a l'air d'être performante ; la collègue à qui (à laquelle) j'ai confié cette tâche est actuellement en congés ; J'ai un bon voisin sur qui (sur lequel) je peux compter pour m'aider à faire le jardin ; 

Mais 'personne', ce n'est pas 'une personne'. Je n'ai personne à qui parler. Là, on n'a pas la possibilité de remplacer 'qui' par 'lequel'.

- Un drôle de.../ une drôle de.../ des drôles de...
- Drôle de..., ça c'est vraiment une drôle de chose.

Je n'ai pas encore trouvé quoi que ce soit pour justifier la présence de ce 'de' après 'drôle', mais je peux préciser le sens.

- Une histoire drôle, c'est une histoire amusante / une drôle d'histoire, c'est une histoire bizarre, étrange, curieuse.
- En ce moment on a un drôle de temps pour la Toussaint.
- En rien / pas du tout / aucunement / en aucune façon.
- Et quand c'est l'heure de partir ou de libérer une pièce pour quelqu'un d'autre, on peut dire 'je dois lever le camp'. Comme quand tu devais libérer la table pour le petit déjeuner.  C'est une expression militaire, on lève le camp quand l'armée change de campement.

'à peine' a le sens de 'presque, mais pas tout à fait'.
Il est à peine sept heures / il fait encore à peine jour / J'ai à peine de quoi vivre avec mon salaire / Je suis à peine arrivé au bureau que déjà les ennuis commencent... / Vous voulez boire quelque chose, un peu de vin? - Oui, mais à peine un verre car je suis fatigué.

Et voici quelques suggestions en caractères gras à observer à la loupe. Très bon weekend parisien, et à la prochaine fois, pas ce jeudi, qui pour moi se passera à Londres, mais l'autre, c'est-à-dire le 9 novembre.

Il me fallut longtemps pour comprendre d'où il venait. Le petit prince, qui me posait beaucoup de questions, ne semblait jamais entendre les miennes. Ce sont des mots prononcés par hasard qui, peu à peu, m'ont tout révélé. Ainsi, quand il aperçu pour la première fois mon avion (je ne dessinerai pas mon avion, c'est un dessin beaucoup trop compliqué pour moi) il me demanda:
- Qu'est-ce que c'est que cette chose-là?
- Ce n'est pas une chose. Ca vole. C'est un avion. C'est mon avion.
Et j'étais fier de lui apprendre que je volais. Alors il s'écria:
- Comment! tu es tombé du ciel!
- Oui, fis-je modestement.
- Ah! ça c'est drôle…
Et le petit prince eut un très joli éclat de rire qui m'irrita beaucoup. Je désire que l'on prenne mes malheurs au sérieux. Puis il ajouta:
- Alors, toi aussi tu viens du ciel! De quelle planète es-tu?
J'entrevis aussitôt une lueur, dans le mystère de sa présence, et j'interrogeai brusquement:
- Tu viens donc d'une autre planète?
Mais il ne me répondit pas. Il hochait la tête doucement tout en regardant mon avion:
- C'est vrai que, là-dessus, tu ne peux pas venir de bien loin…
Et il s'enfonça dans une rêverie qui dura longtemps. Puis, sortant mon mouton de sa poche, il se plongea dans la contemplation de son trésor.
Vous imaginez combien j'avais pu être intrigué par cette demi-confidence sur "les autres planètes". Je m'efforçai donc d'en savoir plus long:
- D'où viens-tu mon petit bonhomme? Où est-ce "chez toi"? Où veux-tu emporter mon mouton?
Il me répondit après un silence méditatif:
- Ce qui est bien, avec la caisse que tu m'as donnée, c'est que, la nuit, ça lui servira de maison.
- Bien sûr. Et si tu es gentil, je te donnerai aussi une corde pour l'attacher pendant le jour. Et un piquet.
La proposition parut choquer le petit prince:
- L'attacher? Quelle drôle d'idée!
- Mais si tu ne l'attaches pas, il ira n'importe où, et il se perdra…
Et mon ami eut un nouvel éclat de rire:
- Mais où veux-tu qu'il aille!
- N'importe où. Droit devant lui…
Alors le petit prince remarqua gravement:
- Ca ne fait rien, c'est tellement petit, chez moi!
Et, avec un peu de mélancolie, peut-être, il ajouta:
- Droit devant soi on ne peut pas aller bien loin


Questions or more information, please contact Alistair Mills alistair.mills@btinternet.com
Updated November 15, 2006

Avec des questions ou pour plus d'information, contacter Alistair Mills alistair.mills@btinternet.com
Dernière mise à jour le 15 novembre 2006