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Julie - le 17 mars 2006 (Manifestations à propos du CPE)


Julie

Manifestations à propos du CPE (Contrat Première Embauche)

Les présidents d'université sont de plus en plus nombreux à demander une suspension du CPE (voir notes)

Un front des présidents d'université s'est constitué, lundi 13 mars, pour réclamer au premier ministre la suspension du contrat première embauche (CPE) et l'ouverture de négociations. Confrontés au blocage de leur établissement, à l'origine de tensions de plus en plus fortes entre étudiants, les présidents des universités Paris-X (Nanterre) et Toulouse-II (Le Mirail), d'abord, puis ceux de Strasbourg-II (Marc-Bloch), Rennes-II et Le Havre ont emboîté le pas à François Resche, leur homologue de Nantes (Le Monde du 14 mars).

Vendredi 10 mars, le président de l'université de Nantes avait écrit une lettre ouverte à Dominique de Villepin. "Je pense qu'une majorité des usagers de l'université, restée patiente jusqu'à ce jour, est de plus en plus exaspérée à la fois par votre refus de dialogue et par l'impossibilité de suivre les formations pour lesquelles chacun des étudiants et des étudiantes, et leur famille, consentent des efforts importants", écrivait M. Resche au premier ministre.

Le lendemain, le président de Toulouse-II, Rémy Pech, lui manifestait "son entière solidarité" et s'associait à sa demande, déplorant "vivement" les violences policières survenues à la Sorbonne.* Adoptant, lui aussi, la formule de la lettre ouverte, Olivier Audéoud, le président de Paris-X, troisième université de France par le nombre de ses étudiants, emboîtait le pas à ses collègues.

"RÔLE POLITIQUE"

Lundi, les universités de Tours et de Poitiers ont rejoint le mouvement par des votes de leur conseil d'administration réclamant, dans les deux cas, le retrait du CPE et en plus, pour Poitiers, "l'abrogation du CNE", le contrat nouvelle embauche, créé en août 2005. Le président de Montpellier-III, Jean-Marie Miossec, a demandé, pour sa part, à M. de Villepin "d'envisager un test [du CPE] sur un échantillon de candidats à l'embauche". Si le test se révélait positif au terme d'une ou deux années, il autoriserait "l'application généralisée de la loi".

François-Xavier Cuche, président de Strasbourg-II, estime quant à lui que le CPE est perçu "comme une aggravation de la précarité" par les étudiants, alors qu'ils connaissent "une réduction drastique" des postes aux concours d'enseignants.

Samedi, Gilles de Robien, le ministre de l'éducation nationale, avait rappelé à l'ordre les présidents d'université. Il estimait qu'en appelant à la suspension du CPE, ils dépassaient leurs compétences et feraient mieux d'assurer le suivi des cours dans leurs universités. "Il est du rôle politique des présidents d'université de s'occuper de l'avenir de leurs étudiants", insiste M. Resche. Le président de l'université de Nantes rappelle que ceux-ci sont élus pour une période de cinq ans par les trois conseils de l'université (conseil d'administration, conseil scientifique, et conseil des études et de la vie universitaire).

L'intervention du premier ministre, dimanche, ferme sur le CPE, n'a pas été de nature à ramener le calme sur les campus. Lundi, l'UNEF faisait état de 50 universités en grève. De son côté, le ministère de l'éducation avançait les chiffres de 14 universités bloquées et de 27 perturbées.

L'université de Nanterre a été fermée, mardi 14 mars, sur décision de son président. La consultation des étudiants sur la reprise ou non des cours a été reportée à une date non précisée. "Je n'ai pas les moyens d'assurer un vote serein permettant la sécurité des étudiants qui veulent s'exprimer", a estimé M. Audéoud, lundi.

Confronté à des tensions très fortes, Marc Goutard, président de l'université de Rennes-II, bloquée depuis plus de quatre semaines, a dû annuler le vote qu'il souhaitait organiser sur la reprise des cours. De plus, le juge des référés du tribunal administratif de Rennes a suspendu, lundi, la décision de M. Goutard, qui refusait de mettre des locaux à disposition des étudiants non grévistes, faute de moyens. Il va donc devoir leur fournir des salles.

"Seul un retrait ou une suspension du CPE pourrait ramener la paix dans nos universités", assure M. Goutard. Le débat devrait se poursuivre à Nantes, du 15 au 17 mars, lors du colloque annuel organisé par la Conférence des présidents d'université sur leur politique internationale.

Vocabulaire 
  1. Emboîter le pas : marcher juste derrière quelqu'un ; modeler son attitude sur quelqu'un, l'imiter docilement.
  2. Déplorer : Regretter vivement quelque chose.
  3. Des mesures drastiques : Qui est très rigoureux. Mesures financières drastiques.

Le CPE : Contrat Première  Embauche

Public concerné.

Période de consolidation de l’emploi. 2 ans maximum.

Rémunération.  Identique au régime général des CDI classiques.

Logement. Le CPE donne accès de manière automatique au dispositif Locapass qui permet de faciliter le paiement des cautions.

Indemnités chômages.  En cas de rupture de contrat après seulement 4 mois de travail, une allocation forfaitaire de 490 euros sera versée par l’Etat pendant 2 mois.

Crédits.  Le CPE offre les mêmes garanties qu’un CDI classique pour les banques et donc, permet de bénéficier des mêmes conditions de crédits.

Récit des évènements de la Sorbonne :

Alors qu’une soixantaine d’entre eux occupent la faculté depuis mercredi midi, sans aucun ravitaillement autorisé, près de quatre cents étudiants parviennent à les y rejoindre en milieu d’après-midi vendredi, malgré un déploiement démesuré des forces de l’ordre dans le Quartier latin.

« Tout a déraillé en fait à partir du moment où d’autres personnes, qui ne sont pas des étudiants de la Sorbonne et que nous n’avions jamais vues dans le mouvement jusqu’alors, ont réussi à rentrer par le toit », témoigne Elsa. Volontairement ou non, vers 22 heures, les forces de l’ordre qui encerclent pourtant la Sorbonne ne parviennent pas à empêcher plusieurs dizaines de personnes de grimper par des échafaudages. Vers minuit, quelques dizaines d’occupants, refusant de dire de quelle université ils proviennent, jettent par les fenêtres des échelles, tables et chaises. Selon Bastien, étudiant en géographie, « ces violences n’avaient plus rien à voir avec la lutte contre le CPE, la plupart des sorbonnards sont sortis sur le coup de 1 heure du matin pour, justement, ne pas adhérer à cette violence d’individus qui desservent la mobilisation ». Selon lui, il ne reste donc qu’une minorité d’étudiants vers 4 heures du matin quand les CRS font évacuer la Sorbonne.


Questions :

  1. Que demande le président de l’université de Nantes ?
  2. Qui lui « emboîte le pas » ?
  3. Le président de l’université est pour le CPE ?
  4. Qu’a répondu le ministre de l’éducation Nationale ?
  5. Le discours de Dominique de Villepin a-t-il apaisé la situation ?
  6. Les cours sont-ils tous annulés à l’université de Rennes ?
  7. Que pensez-vous de tout cela ?

Réponses :

  1. Le président de l’université de Nantes a demandé au premier ministre de discuter du CPE. Il demande l’ouverture des négociations et la suspension du CPE.
  2. Olivier Audéoud emboite le pas à ses collègues qui sont les présidents de plusieurs autres universités. Les présidents des universités Paris-X, Toulouse II, Strasbourg-II, Rennes-II et Le Havre le suivent.
  3. Le président de l’Université de Nantes est exaspéré par le manque de dialogue.
  4. Le ministre de l’éducation nationale a répondu que les présidents dépassaient leurs compétences et qu’il fallait mieux assurer le suivi des cours dans leurs universités.
  5. Monsieur Dominique de Villepin n’a pas apaisé la situation; par contre la situation s’est aggravée.
  6. Non, ils ne sont pas annulés.  Un tribunal administratif a suspendu une décision du président du l’université de Rennes-II.  Maintenant l’université doit fournir des salles aux étudiants non grévistes.
  7. Je pense que c’est une situation française.

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Updated 17 March, 2006

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Dernière mise à jour le 17 mars 2006

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