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Julie - le 18 février 2006 (Enfants)


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En un demi-siècle à peine, la famille a accompli sans tapage une véritable révolution. Déclin du mariage, croissance de l'union libre, fragilisation des couples, développement des familles recomposées : la famille des années 2005 est loin de ressembler à celle des lendemains de la seconde guerre mondiale. Valérie Pecresse, rapporteure de la mission et porte-parole de l'UMP, dresse le portrait des familles d'aujourd'hui.
Le recul du mariage. Au fil des décennies, le mariage n'a cessé de décliner : alors qu'en 1970 les maires célébraient près de 400 000 mariages, ils en ont recensé à peine 280 000 en 2005, ce qui représente une baisse de 30 %. Plus fondamentalement, c'est la place sociale de l'institution matrimoniale qui a changé avec la transformation des représentations du couple : le choix de se marier ou non devient une question de conscience personnelle."
Lorsqu'ils se marient, les couples se décident d'ailleurs de plus en plus tard. L'âge moyen lors de la célébration a augmenté de près de six ans depuis 1970 : il est désormais de 28,8 ans pour les femmes et de 30,9 ans pour les hommes.
Aujourd'hui, beaucoup de couples choisissent l'union libre, qui est "plus fréquente et dure beaucoup plus longtemps qu'auparavant", souligne le rapport de la mission parlementaire. Pour l'immense majorité d'entre eux, cette forme de conjugalité inaugure la vie à deux. "L'union libre devient une forme de vie commune parfaitement balisée, qui ne concerne plus seulement une population marginale ou très jeune, mais qui est, au contraire, particulièrement répandue chez les hommes et les femmes qui ont déjà fait l'expérience d'une rupture d'union", souligne le rapport de la mission.
Parallèlement, le pacte civil de solidarité (pacs) s'est peu à peu imposé comme une forme de conjugalité à part entière : depuis sa création, en 1999, près de 170 000 pactes ont été signés.
La fragilisation des unions.  Aujourd'hui, la France recense ainsi 42 divorces pour 100 mariages, contre seulement 12 divorces pour 100 mariages en 1970.
En 1998, le rapport d'Irène Théry attribuait cette instabilité, non à l'"irresponsabilité" des couples contemporains, mais à un double phénomène : l'"effet vérité" de la moindre stigmatisation du divorce, qui conduit à l'échec beaucoup d'unions malheureuses qui auraient perduré au temps du mariage indissoluble, et l'exigence plus grande à l'égard du conjoint, qui implique le refus de situations subies autrefois comme des fatalités (alcoolisme, violences, etc.).
L'augmentation des naissances hors mariage. Aujourd'hui, constate le rapport de Valérie Pecresse, "le mariage n'est plus considéré comme un préalable indispensable pour accueillir un enfant". En 2005, près de 60 % des aînés sont nés hors mariage.
Dans l'immense majorité des cas (92 %), ces bébés sont reconnus par leur père. "Le fait de naître hors mariage a rarement une influence sur la filiation des enfants, constate le rapport de la mission parlementaire. La naissance hors mariage n'entraîne pas réellement de différence dans l'éducation et la vie des enfants." "Désormais, quelle que soit la situation juridique du couple, c'est la naissance d'un enfant qui crée socialement la famille", résumait déjà, en 1998, le rapport Théry.
La France, où près de la moitié des enfants naissent hors mariage, est l'un des pays européens où le déclin du modèle traditionnel est le plus fort : en Allemagne, au Portugal, en Belgique, en Espagne, plus de 75 % des enfants naissent encore au sein d'un couple marié. En Italie ou en Grèce, c'est le cas de plus de 90 % des enfants.
La croissance des familles monoparentales et recomposées. Avec l'augmentation des séparations, la fin du XXe siècle a vu croître les familles monoparentales et les familles recomposées. En 1999, selon l'INED, plus d'un enfant sur cinq (trois millions au total) ne vivait pas avec ses deux parents.
Dans la grande majorité des cas (63,2 %), ces enfants vivent avec leur mère. En une quarantaine d'années, la part des familles monoparentales a presque doublé : elles représentaient 18,6 % des familles en 1999 contre 9,4 % trente ans auparavant. "Les enfants élevés seulement par leur mère sont certes plus nombreux, mais le père existe puisque 95 % des enfants nés hors mariage sont reconnus par leur père, souligne la rapporteure, Valérie Pecresse. Après la séparation des parents, plus de 40 % d'entre eux voient leur enfant au moins une fois par mois."
Les familles recomposées sont plus rares : sur les 3 millions d'enfants qui ne vivent plus avec leurs deux parents, 28,2 % (800 000) partagent leur quotidien avec un beau-parent et, parfois, des demi-frères ou demi-soeurs.
Les familles d'aujourd'hui. La famille des années 2000 se forme plus tard — l'âge moyen des mères au premier enfant frôle désormais les 30 ans —, elle compte de plus en plus souvent un ou deux enfant (s) — 8,3 % des enfants sont issus d'une fratrie de trois ou plus, contre 16,4 % en 1968 —, mais le désir d'enfant demeure encore très fort : l'indice conjoncturel de fécondité (1,94 enfant par femme) place la France au second rang de l'Europe des Vingt-Cinq, juste derrière l'Irlande. Les profonds bouleversements de la structure familiale enregistrés depuis les années 1970 n'ont donc pas entamé l'étonnant dynamisme démographique de l'Hexagone.
Cette vitalité, qui tranche avec l'atonie de nos voisins allemands, espagnols ou italiens, prospère dans un univers très particulier : en France, plus de 80 % des femmes âgées de 25 à 49 ans travaillent. "En Europe, la France présente la particularité d'associer une fécondité dynamique et un niveau élevé de participation des femmes au marché du travail", résume le rapport de la mission parlementaire.
Malgré cet investissement professionnel massif, les femmes continuent à assumer les deux tiers du travail domestique et des tâches de soins : elles y consacrent en moyenne deux fois plus de temps (cinq heures par jour) que les hommes. "Finalement, quelles que soient les évolutions visibles, la répartition des tâches au sein de la famille continue à suivre très majoritairement un modèle traditionnel", conclut le rapport de Valérie Pecresse.


Questions :

  1. Selon Irène Théry, le divorce est dû à l’irresponsabilité des couples ?
  2. Qu’est-ce qui explique le recul du mariage ?
  3. Selon Irène Théry, la France se différencie au niveau des naissances hors mariage. Est-ce négatif pour la France ?
  4. Que veut dire famille monoparentale ? recomposée ? fratrie ?
  5. Quel est le profil de la femme française ? (pour le travail, les enfants et les tâches ménagères).

Réponses:


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Updated 16 February, 2006

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Dernière mise à jour 16 février 2006

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