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Ni putes ni soumises

Neither sluts nor doormats

Cette semaine le Parlement français a voté une loi qui interdit le port du voile à l'école.

This week, the French parliament has voted for a law which forbids the wearing of the veil in school.

Pour être plus précis, la loi interdit tout signe religieux ostensible, y compris les grandes croix, les kippas juives par exemple. Mais c'est bien le voile qui est à l'origine de l'affaire. La volonté de l'État a été de donner un cadre légal pour aider les professeurs à décider s'ils devraient accepter des filles voilées dans leurs salles de classe.

To be more exact, the law forbids any ostensible religious sign, which includes large crosses, Jewish kippas for example. But it is really the veil which is at the bottom of this business. The wish of the State has been to provide a legal framework to help teachers to decide if they ought to allow girls to wear the veil in classrooms.

L'interdiction heurte les sensibilités libérales. La plupart des gouvernements occidentaux l'ont condamnée. Mais selon les sondages, la loi est bien accueillie par les Français. Fadela Amara est fondatrice de l'organisation pour la défense des droits des femmes "Ni putes ni soumises". Elle nous explique pourquoi elle pense qu'une loi est nécessaire:

The prohibition offends liberal sensitivities. The majority of western governments have condemned it. But according to public opinion polls, the law has been well received in France. Fadela Amara [1] is the founder of the organisation for the defence of women's rights "Neither sluts nor doormats" [2, 3]. She explains to us why she thinks that it is a necessary law.

Les filles qui portent le voile... Il y a différentes façons. Je le rappelle parce que c'est très important. Il y a celles qui le portent par réaction à la violence qui existe dans nos cités, portée par cette minorité de jeunes qui sont, comme on le dit tout le temps, agissants et visibles. Donc elle le portent comme symbole de protection parce que c'est très dur d'affirmer et d'assumer sa féminité au coeur de la cité. Et il y a les autres qui portent le voile. Il y en a une autre partie qui le porte pour... tout simplement parce qu'elles font des crises d'adolescence, une recherche identitaire, elles font aussi un petit peu le bilan des politiques d'intégrations qui ont été menées -même si j'aime pas ce mot 'intégrations'- et se redéfinissent plutôt du côté d'une, je dirais, d'une identification religieuse et culturelle. C'est notamment les filles qui vont à l'école par exemple. Et puis il y a la troisième catégorie de celles qui portent le voile et que je déteste particulièrement, c'est les soldates du fascisme vert, donc 'vert' pour la couleur de l'islam. Donc, des filles qui sont extrêmement dangereuses dans le sens où c'est des nanas qui ont des bacs plus cinq, donc très structurées dans leurs pensées. C'est pas des gamines qui sont en déshérence, là. Non là, elles sont structurées, elles savent exactement ce qu'elles veulent et puis ce sont des militantes de terrain efficaces. Et c'est elles qui, par ailleurs, à partir de vendredi en général jusqu'à dimanche sillonnent toutes les cités, et font, bloc par bloc, comme les témoins de Jéhovah. Voilà, c'est la même stratégie. Donc nous aussi on fait la même chose, on repasse derrière. Donc, on essaye de dire... Voilà.

Girls wear the veil... there are different ways. I recall that because it is very important. There are those who wear it as a reaction to the violence which exists in our cities, worn by this minority of young women who are, as I say all the time, active and visible. So she wears it as a protective symbol because it is very hard to affirm and to take responsibility for her femininity in the heart of the city. And there are others who wear the veil. There is another group which wears it to... quite simply because they have an adolescent crisis, a search for identity, they are also a little bit the target of the politics of integration which has been led... even if I do not like the work integration - and define themselves either on one side or another, I would say, of a religious and cultural identity. This is notable in girls who go to school for example. And then there is the third category of those who wear the veil and whom I detest particularly, these are the soldiers of green fascism, as 'green' for the colour of Islam. So these girls are extremely dangerous in the sense that these birds who have the bac plus 5 [4] are very ordered in their thoughts. It is not these kids who have lost their heritage. No not them. They know exactly what they want and they are effective militants on the ground. And there are those who, in some places, generally from Friday to Sunday strut around the cities and are, by all appearances, like the Jehovah's Witnesses. There you are, it is the same strategy. So we also do the same thing and spread out behind them. So what I am trying to say... there it is.

Souvent, d'ailleurs c'est assez marrant parce que souvent autour dans un appartement il y a les parents qui nous disent : « ah ! La semaine dernière c'était les filles voilées. » Et il faut savoir que les parents en veulent pas. Ils veulent pas. C'est plutôt les responsables d'associations cultuelles qui donnent des directives en disant « il faut qu'elles portent le voile ! », ou le frère, ou la pression sociale de la cité qui impose le fait... le port du voile dans les quartiers.

Often, what's more it is quite funny because often around an apartment there are parents who say to us: "Last weekend it was the veiled girls". You must know that the parents do not want them. They don't want them. It is more the leaders of the cultural associations who give directives saying "they must wear the veil!" or a brother or the social pressure of the city which does it, the wearing of the veil in the neighbourhoods.

Alors moi je vais être très claire : les deux premières parties, pour moi il y a de grandes chances et il y a de grandes possibilités qu'elles se redéfinissent dans un cadre laïque. Donc on peut gagner une majorité de ces filles. Mais cette minorité, dans la minorité des filles qui portent le voile, c'est même pas la peine d'argumenter : ce sont des femmes politiques. Donc ça sert à rien. Tous les arguments vont couler, vont avoir aucune prise, donc il faut les combattre comme on combat l'extrême droite tout simplement. Et cette histoire de loi justement, pour moi elle est intéressante même si elle est pas suffisante. C'est qu'elle va poser un cadre de protection de la grande majorité des filles des cités qui refusent de porter le voile. C'est ça qui m'intéresse moi.

So, personally I am very clear: the first two parties, for me there are two big opportunities that they may define themselves in a secular way. Then we can win a majority of girls. But this minority, in the minority of girls who wear the veil, it is hardly worth the trouble to argue with them. They are political women. So it is valueless. All arguments are going to sink, going to have no take-up, so it is necessary to fight them as we fight the extreme right quite simply. And this story of the just way, for me it is interesting even if it is not sufficient. It is that it is going to be imposed in the context of protection for the great majority or girls in the city who refuse to wear the veil. That is what interests me personally.

Alors on peut mettre «visible», «ostensible», machin et tout le baratin, ça reste de la masturbation intellectuelle.

So we can put "visible", "ostensible", whatsit and all that tosh, that is what is left of this intellectual masturbation.

Pour Amara, les arguments classiques des libéraux n'ont pas de force face à l'offense que représente le voile:

For Amara, the classical arguments of the liberals have no strength when confronting the offence that the veil represents.

Moi, en tant que femme musulmane, je le dis, ça m'est difficile d'accepter dans mon pays, y compris dans les sphères privées, qu'il y ait des femmes qui portent le voile parce que pour moi c'est le sceau de l'humiliation, c'est vraiment l'oppression des femmes qui est symbolisée à travers ce voile, parce que ce voile, il est discriminant. Parce que, il cache quoi? Il cache le fait de ne pas aller à la piscine, il cache le fait de ne pas avoir tous les métiers voulus par les mecs. Il cache le fait qu'on va commencer, -alors là, parce qu'on le sent pas, on a l'impression qu'elles vont faire des grandes études et tout ça- vous allez voir l'effet boomerang que ça va faire bientôt, ce que ça va faire, parce que là, c'est comme en Iran, elles vont alller à l'école et puis un jour boum! Ça va retourner. Bon, voilà... Et c'est un symbole extrêmement discriminant, donc ça veut dire qu'on n'est pas dans le même registre, mine de rien. Je pense que c'est dans le cadre d'une laïcité que les femmes peuvent s'émanciper, pas que les femmes, d'ailleurs, les individus peuvent s'émanciper, mais c'est vrai que je suis attachée à la liberté de conscience parce que je suis musulmane pratiquante et que j'aime cette liberté de conscience dans le cadre de cette laïcité parce qu'elle me permet de pratiquer ma religion dans le domaine privé, d'emmerder personne, c'est c'est ça la vérité. Mais je déteste la liberté de conscience qui, instrumentalisée et manipulée, devient de l'obscurantisme. Ce n'est pas acceptable. C'est la régression totale. Et c'est cela qu'on combat.

Personally as a Muslim woman, I tell you, it is difficult for me to accept in my country including in private places that there be women who wear the veil because for me it is the seal of humiliation, it is really the oppression of women which is symbolised by the veil, it is discriminating. Because, what does it hide? It hides the fact of not going to the swimming pool; it hides the fact of not having the jobs which the guys want. It hides the fact that we are going to start, there again because we do not feel it, we have the feeling that they are going to do big studies and all that, you are going to see the boomerang effect that is coming soon, because that, it is like in Iran, they will be going to school and then one day boom! That is coming back. Well, there you are... And it is an extremely discriminating symbol, so that wants to say that we are not in the same class, of no value. I think that in the context of a secular society that women can be liberated, that women moreover, the individuals can be liberated, but it is true that I am attached to freedom of expression because I am a practicing Muslim woman and I love this liberty of expression because it allows me to practice my religion in a private way, to not offend anyone, that is the truth. But I hate the freedom of awareness which instrumented and manipulated becomes obscured. That is not acceptable. That is complete regression. That is what I am fighting against.

Si elle voit la loi comme une nécessité, ça ne veut pas de dire pour autant c'est suffisant:

If she sees the law as a necessity that does not mean to say, for all that, that it is sufficient.

Pour avoir fait le tour de France et avoir visité quasiment toutes les cités -je rappelle que le mouvement a fait plus de 800 interventions, lycées, collèges, etc.- je suis convaincue d'une chose, c'est que les jeunes n'attendent qu'une chose, alors là aussi il faut aller parler avec eux aussi dans les quartiers, ils attendent qu'une chose c'est qu'on leur dise qu'ils ont leur place. Mais pour qu'on leur dise qu'ils ont leur place, il faut les reconsidérer, il faut surtout que l'État arrête de se foutre de leur gueule, pour être très clair.

Having gone all around France and visited almost all of the cities, I remember that the movement did more than 800 events, high schools, schools etc. - I am convinced of one thing, and it is that young women are waiting only for one thing, there again you must go and talk with them in their own surroundings, they are waiting only for one thing that is to be told that they have their place in the world. But so that we can tell them that they have their place, we must consider them again, above all else, the State must stop meddling, to be quite clear.

Le mouvement "Ni putes ni soumises" est né il y a un an, créé par des femmes qui voulaient briser le tabou sur la violence des garçons contre les filles. Aujourd'hui il revendique 1750 adhérents et une trentaine de comités locaux.

The movement "Neither sluts nor doormats" was created a year ago, created by women who wanted to break the taboo on the violence of young men against young women. Today they claim 1750 members and some 30 local committees.

Il y a une espèce de conscience féminine ou féministe, je ne sais pas comment on peut appeler cela, qui nous a poussés, les uns, les unes et les autres à rentrer dans ce mouvement parce que l'égalité des sexes aujourd'hui c'est quelque chose qui a l'air plus virtuel que réel et on voudrait que cette réalité devienne quelque chose de fort, un sentiment fort pour les uns et les autres et que le vivre-ensemble auquel on aspire soit vraiment quelque chose qui se réalise chaque jour un peu plus; donc voilà pourquoi je me suis engagée personnellement dans ce mouvement et aussi parce que on veut lutter contre toutes les formes d'intégrismes auxquelles notre société a affaire aujourd'hui et que c'est une minorité agissante, on ne cesse de le répéter, on continuera de le répéter, et que la majorité silencieuse va commencer à faire de plus en plus de bruit.

There is a kind of feminine or feminist awareness, I do not know how they can call it that, which has been pushed onto us, men, women, others returning to this movement because the equality of the sexes has an appearance more virtual than real and we would like that this reality become something stronger, a strong feeling for the men and the women and that the getting along together to which we aspire by something which happens everyday a little more; so there you have why I am engaged personally in this movement and also because we want to fight against all forms of fundamentalism with which our society today has business and it is an active minority, I ever stop repeating it, that the silent majority is going to start to make more and more noise.

Des faits divers tragiques ont donné une résonance au mouvement:

Various tragic events have given resonance to the movement.

Il s'est passé des choses qui ont démultiplié l'écho du mouvement Ni putes ni soumises: c'est d'abord le livre de Samira Bellil, donc L'enfer des tournantes, qui a dénoncé concrètement à travers son témoignage les viols collectifs, et la mort, le meurtre de Souane qui a été brûlée vive, donc, à Vitry. Ces deux drames ont permis de démultiplier ce que nous étions en train de dénoncer dans les cités. Alors, à partir de là, nous, on a mis en place des états généraux locaux, les états généraux nationaux, ensuite la marche parce que, comme par hasard, quand nous avons lancé, en janvier 2002, donc à la fin des états généraux nationaux, des femmes des quartiers, nous avons envoyé un manifeste de revendications à tous les politiques qui se présentaient, à l'époque je rappelle que c'était les présidentielles. Pour beaucoup d'entre nous, on en garde un très mauvais souvenir, par ailleurs. Eh bien, il est arrivé quelque chose d'extraordinaire, c'est que nos politiques n'ont pas répondu. Donc, à partir de là on a réfléchi et on a donc mis en place cette marche qui a permis de porter le débat sur la place publique, donc de vous interpeller vous tous, donc l'opinion publique et par ricochet les pouvoirs publics. Une fois qu'on a terminé ça on a mis en place cette marche, 23 étapes. Très dur, très fatigant moralement et physiquement parce que partout où on a été on a eu des témoignages extrêmement lourds à porter et surtout on a découvert une chose qui était quand même très dure et difficile à assumer pour nous, c'est qu'on s'est rendu compte que c'est pas que dans les cités que ça se passe. C'est-à-dire que nous, on est parties d'une chose, c'est qu'on a parlé de ce qu'on vivait dans nos quartiers, et qu'en fait on s'est rendu compte, à travers les témoignages de femmes et de jeunes filles qui sont venues justement dans les débats témoigner des souffrances qu'elles vivaient, qui n'habitent pas les cités et qui ne sont pas non plus, je dirais, de condition, de même condition que nous, elles sont de condition un peu plus aisée. Donc on s'est rendu compte quand même que c'est la condition des femmes en général dans notre pays qui est en régression, d'où l'appel au Président de la République durant les universités d'automne de notre mouvement qui se sont passées au mois d'octobre, début octobre, où on lui a demandé tout simplement que la condition des femmes dans notre pays redevienne un chantier national et ça nous permettra à nous, toutes les organisations justement, de donner du contenu et en termes de contenu de faire des propositions pour que enfin ça change et que l'égalité des sexes existe réellement dans notre pays et que ça reste pas, justement, inscrit dans notre constitution mais qu'elle devienne concrète surtout, parce que une chose est sûre, c'est que par rapport à tout ce qui est dénoncé on n'aime qu'une chose, non pas les promesses qui doivent être faites mais plutôt celles qui doivent se traduire concrètement sur le terrain.

Several things happened which reduced the response to "Neither sluts nor doormats". It was firstly the book by Samier Bellil that is "Enfer des tournants" (The hell of changing direction) which definitely denounced through its eye witness accounts of collective rape, and the death, the murder of Souane who was burned alive then in Vitry. These two dramas were able to reduce what we were busy denouncing in the cities. Then, starting from that, we put in place general local conditions, then the walk because by chance when we had launched in January 2002, then at the end of the general national conditions, some women of the suburbs, we sent a list of demands to all the politicians seeking election, at the time I recall that is was the Presidential election. Between you and me, I have a very bad memory what's more. Well, something quite remarkable happened, that is our politicians did not answer. So then we thought and then put in place this walk which allowed us to carry the debate to public venues so questioning you, all of you, so public opinion and by rebound, the public authorities. Once we finished that we put in place this walk, 23 stages. Very hard, very tiring both for the moral and physically because everywhere we went there were very heavy accounts to carry and especially we discovered one thing which was still very hard and difficult for us to appreciate, that it is only in cities that we can get something happening. That is to say we set off to talk about one thing, that we talked about life in our neighbourhoods and we realised from the testimonials of the women and girls who came to our debates to give their story of the suffering that they were living, that they did not live in the cities, that they were in a state a bit more easy. We realised still that the state of women in general in our country is getting worse, when the appeal to the President of the Republic, during the Autumn University of our movement, which happened in the month of October, beginning of October, when we asked him quite simply that the state of women in our country become a national priority that that would allow us, all the organisation of course, to give content and in terms of content for making proposals for change eventually and that the equality of the sexes exist really in our country and that that does not remain really written in our constitution but that it becomes really real because one thing for sure is that in comparison to all that is denounced we love only one thing, not promises which must be made but rather those which must be taken into action on the ground.

L'objectif du mouvement n'est pas simplement de protester mais de construire un modèle alternatif de la société:

The objective of the movement is not simply to protest but to build an alternative model of society:

Les phases de construction, c'est quoi? C'est que c'est nos concitoyens qui nous ont demandé en vérité, parce que c'était pas notre objectif en premier. Nous, on voulait porter le débat sur la place publique, mais c'est nos concitoyens qui nous ont demandé de créer le mouvement Ni putes ni soumises et à partir de là, comme c'était un mouvement national, partout les concitoyens ont mis en place des comités locaux comme ici à Lyon par exemple. Il y en a une cinquantaine sur tout le territoire qu'on construit tout doucement parce qu'on est une petite équipe, et donc voilà, c'est ça où je dis qu'on est en construction, à la fois sur la création des comités locaux mais y compris dans la mise en place de projets, par exemple on a mis en place le projet du pôle avocat où il y a Myriam ici présente, avec Clothilde, qui en sont les responsables, et il y a le pôle psychologue qui a été mis en place aussi parce qu'il fallait répondre aussi à des filles qui sont en situation de galère et qui viennent nous voir. Il y a la gestion des hébergements d'urgence, et puis il y a le dispositif d'accueil et de protection des filles qui vont porter plainte au commissariat, parce que ça, il faut avoir le courage d'y aller sans subir de conséquences derrière, mais il est très clair, pour être très très honnête que c'est extrêmement dur et difficile et que ça va être long, très long parce qu'on travaille beaucoup sur la question de l'évolution des mentalités, et c'est ça qui va être le plus long.

The phases of construction, what are they? That is what our fellow citizens have asked us in truth, because it is not our first objective. We wanted to take the debate to the public but it is our fellow citizens who have asked us to create the movement "Neither sluts not doormats" and starting from there as it was a national movement, every where our fellow citizens have established local committees like the one here in Lyon for example. There are some 50 of them in the country which we have made quite quietly because we are a little team and so, there you are, what I am saying is that we are building right away on the local committees also putting in place projects, for example, we have put in place the project of the local centre, there is Myriam present here with Clothilde who are the managers and there is the psychological centre which was put is place because it was necessary also to respond to those young women who are in a very difficult situation and who come to see us. There is the management of emergency accommodation and then there is the reception centre for the protection of young women who are going to make a police report because that, it is necessary to have courage to go there without suffering consequences, but it is very clear, to be very, very honest, it is extremely hard and difficult and that it is going to be long, very long, because we are working a lot on the question of a change of views, and that is going to be the longest.

Le travail porte ses fruits:

The work brings some rewards.

Je dirais qu'il y a une prise de conscience et il y a quelque chose qui s'est enclenché dans nos cités parce que, d'une part les filles parlent de plus en plus, et y compris certains garçons, et puis surtout ce que je trouve extrêmement intéressant, on le voit bien notamment dans les écoles qui sont à proximité de ces cités-là où on intervient beaucoup par ailleurs avec le mouvement Ni putes ni soumises, que ce soit à la demande des élèves ou à la demande des profs, eh bien, on sent que les relations entre les garçons et les filles, pour certains d'entre eux, est en train d'évoluer dans le bon sens, parce que certains garçons n'avaient pas conscience qu'ils étaient, je dirais, qu'ils avaient des comportements extrêmement machistes. Et donc à force de discuter, de débattre avec eux, et aussi le fait que les filles libèrent de plus en plus la parole, participent à faire entrer et à asseoir ce processus dynamique.

I would say that there is awareness and there is something which has got under way in our cities because on the one hand girls talk more and more, and that includes some boys, and the especially what I find extremely interesting we see it especially in the schools which are at the edge of these cities where we get involved a lot moreover with the movement "Neither sluts not doormats", that it is at the request of the pupils or at the request of the teachers, well, we feel that the relations between the boys and the girls, for some of them, are changing in the right directions because some boys were not aware that they were, I would say, that they had extremely macho behaviour. And so by discussion, by debating with them, and also the fact that the girls were relieved to speak more and more, taking part in having them come in and taking part in this dynamic growth.

Mais pour construire un mouvement qui perdure, il faut de la main d'oeuvre. Les manifestantes de "Ni putes ni soumises" font un "Tour de France" en ce moment pour mobiliser une population des fois trop passive. Ca va se terminer par une grande manifestation le 6 mars. Leur message...

But to make a movement which lasts, it is necessary to do some serious work. The protestors of "Neither sluts nor doormats" are doing a "Tour de France" at this time to activate the once too passive. That will finish on the 6th March. Their message...

... à cette majorité silencieuse? De se réveiller, de venir nous rejoindre d'une manière ou d'une autre, en tout cas de participer au débat qu'il y a dans notre société aujourd'hui. Aux filles et aux garçons pour qui le vivre-ensemble a l'air un peu difficile et qui sont victimes de violences dans les quartiers et à l'extérieur des quartiers se réveillent et disent stop. Tout simplement, comme on l'a fait l'année dernière pendant la marche, on s'est levé et on a marché et il y a de plus en plus de monde autour de nous, il y a de plus en plus de concitoyens et de concitoyennes qui suivent notre mouvement parce qu'ils se reconnaissent à l'intérieur de ce mouvement, parce qu'on défend des valeurs fortes aujourd'hui de notre république et qu'il faut que tous ces gens soient derrière nous le 6 mars pour dire «« non aux intégrismes, oui à l'égalité entre les sexes, oui pour le combat des femmes » et pour toutes ces choses-là parce que c'est très très très important et qu'on est en 2004 et qu'on est en train de constater que la situation des filles et des garçons dans les quartiers et ailleurs, je le dis vraiment, ailleurs, est en train de régresser, et partout dans le monde, il y a qu'à regarder ce qui se passe à l'extérieur, et qu'on est dans une démocratie aujourd'hui, qu'on a la chance de vivre dans une démocratie et qu'il faut en profiter. Donc il faut se réveiller, se lever et marcher et venir, le 6 mars, soutenir Ni putes ni soumises.

... to this silent majority. Wake up, come and join us one way or another, in any case take part in the debate that exists in our society today. To girls and to boys for whom the getting along together seems a bit difficult and who are victims of violence in their neighbourhoods or at the edge of their neighbourhoods that they wake up and say stop. Quite simply, as we did last year during the walk, we got up and we talked and there were more and more people around us, there were more and more of our fellow citizens, men and women who followed our movement because they recognize at the centre of this movement, because we defend strong values today of our Republic and as it is necessary that all these people are behind us on the 6th March in order to say "no to integration, yes to equality between the sexes, yes for the fight for women", and for all these things because it is very, very, very important that in 2004 we are seeing that the situation of girls and of boys in our neighbourhoods and elsewhere, I speak the truth, elsewhere it is getting worse, and everywhere in the world they are looking at what is happening on the outside and that we are in a democracy today, that we are lucky to live in a democracy and that we must take advantage of it. So it is necessary to wake up, get up and walk and come on the 6th March supporting "Neither sluts nor doormats".

$Id: 2004_02_act_fr.htm 17 2010-04-03 11:44:00Z alistair $

[1] On June 19, 2007 she was appointed Secretary of State for Urban Policies in the 2nd government of French Prime Minister François Fillon. She reports to Housing Minister Christine Boutin.

 

[2] Ni Putes Ni Soumises, ISBN 2-7071-4458-4.

 

[3] Neither Whores nor Doormats: Women's Rights and Human Rights in Contemporary France, ISBN 0-520-24621-7, English translation.

 

[4] Five years of education following the baccalaureate, is equivalent to a master's degree.

 

$Id: 2004_02_act.htm 4 2010-02-03 20:03:32Z alistair $


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Updated Sunday 16th May 2010

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