Honfleur inaugure une station d'épuration
écologique: ici, ce sont des plantes qui
effectuent le travail de recyclage.
Ça ressemble à un jardin. C'est joli comme un
jardin. Les oiseaux chantent comme dans un
jardin. Ça sent bon comme un jardin. Mais
c'est une station d'épuration, imaginée par
Phytorestore, le premier industriel de la
dépollution écologique. Saules, roseaux, iris
et massettes[i]
poussent[ii]
allègrement sur les 4 hectares de la nouvelle
installation d'Honfleur - le plus vaste
équipement de ce type au monde - inaugurée le 5
novembre.
L'idée: utiliser les vertus épuratives des
végétaux pour éliminer la charge polluante des
eaux usées, traiter les sols contaminés,
assainir[iii]
et désodoriser l'air. Après un traitement
biologique, les eaux circulent à travers 16
chenaux[iv]
et une série de casiers[v]
contenant les «ouvriers» végétaux de ce
processus de phytorestauration. Les plantes
séquestrent[vi]
les toxiques en piégeant[vii]
les particules nocives[viii],
les dégradent[ix]
ou les régénèrent en les absorbant au
cours de[x]
leur croissance. Par exemple, des sols pollués
au plomb sont traités par des plantations de
tournesol et de moutarde indienne.
Le système est vieux comme le monde: les Grecs,
les Romains et les Chinois utilisaient déjà les
propriétés assainissantes des plantes durant
l'Antiquité. A la fin du XIXe siècle, à Paris,
Moscou et Berlin, des jardins recyclaient l'eau
des égouts. Mais il faudra attendre les années
1990 pour que des applications à grande échelle
de ce procédé bon marché - de 10 à 100 fois
moins cher que les systèmes chimiques ou
mécaniques classiques - durable, propre et
esthétique soient mises en œuvre. Au Japon, des
dizaines de sites sont ainsi plantés pour
traiter la pollution automobile. Les jardins
ont de l'avenir.
[vi]
garent comme en prison
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